17 janvier 2008 : Petit-déjeuner sur le thème du dopage avec le Docteur Charles MERCIER-GUILLON et Marc DEMARS sur les AUT

Le petit-déjeuner de ce samedi 17 janvier a rencontré un franc succès auprès des personnes présentes.
Elles étaient une vingtaine à s'être déplacée et s'en sont félicitées.
La conférence a débuté dès que chacun eut fini son petit-déjeuner.

Le Docteur Charles MERCIER-GUILLON a évoqué les différents aspects du dopage en se basant sur ses expériences en tant qu'expert.

Il a souligné la différence entre dopage et entraînement dans des conditions difficiles. Le dopage est là pour aider à surmonter la difficulté alors que l'entraînement permettra d'y faire face dans la mesure de ses propres moyens.
Il explique qu'il existe peu de sportifs réellement "clean". En effet, les suppléments alimentaires que l'on trouve dans les salles de sports, par exemple, peuvent être assimilés à des produits dopants !

Il insiste sur le fait que les produits dopants sont efficaces et redoutables quant à leurs effets secondaires en cas de prise régulière, et pour répondre à une question il confirme que la ventoline aide réellement.

Il faut savoir que jusqu'en 2008 le dopage n'était pas un délit, il était juste sanctionné par les fédérations et les agences anti-dopage. L'aspect pénal n'était retenu que s'il y avait incitation à utiliser des produits dopants ou vente . Désormais, un sportif peut subir des sanctions pénales s'il s'adonne au dopage.

Le dopage c'est l'affaire de tous. Les associations devraient refuser les publicités pour certains produits qui sont la première étape vers le dopage. Les parents, les coaches et les entraîneurs ne devraient pas exiger des résultats surhumains. Les épreuves sportives devraient refléter la forme réelle de l'athlète et non pas une simili forme obtenue grâce à des compléments de toutes sortes.

Le Docteur Charles MERCIER-GUILLON termine en rappelant que l'on commence à se doper, non pas pour être le meilleur, mais parce qu'on a eu un "trou".

QUESTION : Quelles sont les responsabilités des associations si l'un de ces sportifs se dope.

L'association n'est en rien condamnable SAUF SI ELLE FOURNIT LES PRODUITS.
Le dirigeant peut demander un contrôle inopiné ou en parler au médecin fédéral, s'il a des doutes quant à l'intégrité de l'un de ses sportifs.

QUESTION : Ne faut-il pas s'inquiéter de la difficulté à naviguer dans le monde de la compétition tout en restant "clean", n'y a-t-il pas une certaine tendance à encourager le dopage sous couvert d'obtenir des résultats ?

Le gouvernement n'intervient pas dans la gestion des sportifs, il se contente d'un "faites pour le mieux", mais il faut reconnaître que les coaches, les entraîneurs glisse facilement sur la pente en proposant des améliorations (que ce soit diététique ou autre).

QUESTION : Comment justifier ces produits dopants ? Est-ce encore du sport lorsque le dopage intervient et quel est le rôle des médecins dans tout cela ?

A la base, ces produits sont des médicaments dont l'utilisation est réglementée. Il est clair que les substituts alimentaires sont le premier pas vers le reste.
Lorsque le sportif franchit les étapes qui le mènent à de hauts niveaux, il va subir des examens de toutes sortes et la pression devient plus importante.
Le médecin essaiera de faire au mieux pour la santé du sportif et non pas pour ses résultats.

QUESTION : Pourquoi certains produits qui étaient interdits sont devenus autorisés ?

L'absence d'effet dopant ou masquant  de ses produits a été démontrée alors qu'elle n'était pas certaine auparavant.

QUESTION : Le fait d'avoir regroupé les entraînements octroie un surcroit de fatigue et il est difficile aux jeunes sportifs de se passer des suppléments alimentaires et autre. N'est-ce pas une incitation au dopage ?

Il est certain que les regroupements entraînent un surcroît de déplacement, donc de fatigue, en particulier pour les jeunes sportif. Ceci peut amener à un recours aux suppléments alimentaires ou autres produits stimulants, donc au dopage effectivement. C'est pourquoi il faut être vigilant, veiller à une bonne alimentation et ne pas tomber dans les excès.

QUESTION : Quelle attitude adopter face au dopage ?

La pénalisation va ramener le monde sportif à la même situation qu'il y a 20 ans. Il ne faut pas baisser les bras. Le sport individuel sera plus facile à gérer que le sport collectif.
Le dopage devrait être une tricherie individuelle EXCEPTIONNELLE et on doit laisser tomber les incitations tacites de toutes sortes (publicité ou autre).

 

Marc DEMARS est ensuite intervenu sur le thème des AUT (autorisation d'usage à des fins thérapeutiques). Utilisation par des sportifs malades de remèdes inscrits sur la liste des interdictions.

L'AUT est un processus établi par l'Agence Mondiale Antidopage pour permettre aux sportifs dont l'état de santé nécessite des soins de pouvoir se traiter en prenant des médicaments qui sont sur la liste des produits interdits s'ils sont indispensables.

Cette autorisation est soumise à des critères très rigoureux :

  1. le sportif doit soumettre une demande au moins 21 jours avant d'avoir besoin de l'approbation,
  2. le sportif subirait un préjudice de santé significatif si la substance ou la méthode interdite n'était pas administrée dans le cadre de la prise en charge d'un état pathologique aigu ou chronique,
  3. l'usage thérapeutique de la substance ou de la méthode interdite ne devra produire aucune amélioration de la performance autre que celle attribuable à un retour à un état de santé normal après le traitement d'un état pathologique avéré. L'usage de toute substance ou méthode interdite pour augmenter les niveaux naturellement bas d'hormones endogènes n'est pas considéré comme une intervention thérapeutique acceptable,
  4. il ne doit pas exister d'alternative thérapeutique autorisée pouvant se substituer à la substance ou la méthode interdite,
  5. la nécessité d'utiliser la substance ou la méthode interdite ne doit pas être une conséquence partielle ou totale de l'utilisation antérieure non thérapeutique de substances de la liste des interdictions.

En cas de pathologie aigue après le délai des 21 jours  avant une compétition, une demande d'AUT rétroactive peut être faite mais en cas de contrôle positif c'est la commission antidopage qui décidera après examen du dossier d'accepter ou non cette demande.

Les demandes d'AUT doivent être faites auprès de l'Agence de Lutte contre le dopage (AFLD) en France pour les sportifs participants à des compétitions relevant des Fédérations Nationales.

Pour les sportifs participants à des compétitions internationales relevant des Fédérations Internationales (FI) les demandes d'AUT doivent être faites auprès de la Fédération concernée où un Comité des AUT (CAUT) composé de 3 médecins étudie chaque demande et adresse au sportif un certificat d'acceptation ou de refus.

En cas de refus le sportif peut faire appel auprès de l'Agence Mondiale Antidopage qui se réserve également le droit de réétudier les certificats d'acceptation et de les annuler si elle les juge infondés.

Les autorisations accordées par les instances nationales ne sont pas valables pour les compétitions internationales et doivent être confirmées par le CAUT de la FI concernée.
Par contre les autorisations accordées par les CAUT des FI s'imposent aux instances nationales.

Pour les Jeux olympiques les demandes doivent être faites auprès des instances du CIO qui reste le seul habilité à accorder ces autorisations.